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Debordements : Sombres histoires de football, 1938-2016 [CRITIQUE]

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Débordements : Sombres histoires de football, 1938-2016 Couverture du livre Débordements : Sombres histoires de football, 1938-2016
Olivier Villepreux, Samy Mouhoubi, Frédéric Bernard (chiropracteur.),
Anamosa
6 May 2016
272

Le football n'est pas toujours cette fête que l'on voudrait qu'il soit. 13 destins sombres d'acteurs de ce sport révèlent les excès et la schizophrénie d'un milieu où ambitions, politique et argent font très mauvais ménage. Sport populaire, le football est traité ici comme chambre d'écho de l'Histoire ou de faits de société. De la collaboration aux crimes de guerre en passant par la corruption ou la dépression, le football a le don de mettre en évidence les maux du XXe et du XXIe siècle. Le livre, à travers le destin de 13 joueurs ou dirigeants dépassés, ou dévorés, par leur ambition, révèle l'envers du décor du sport-roi qui fait rêver les enfants de tous les continents. Dans ces chroniques inédites et nourries des affaires les plus récentes, deux plumes du journalisme de sport et de société et un fin connaisseur du football s'attachent à décrypter les excès de ce sport, excès profondément liés aux époques et sociétés dépeintes ici. Loin du plaisir du seul jeu, le football donne le vertige comme milieu propice aux débordements humains et aux pertes de repères.

Débordements – Sombres histoires de football (1938-2016)

13. Un nombre qui sonne comme une malédiction. Ce fut le cas pour ces joueurs de foot ou leur entourage. Treize histoires tragiques pour ces hommes en quête de gloire, coûte que coûte.

« La cellule est humide et froide. Silencieuse. Les murs suintants et décrépits sont parcourus de petits mots gravés tantôt vengeurs, tantôt suppliants. Volontés manifestes et désespérées de marquer d’une empreinte – la dernière peut-être – un passage reclus et forcé dans quelques mètres carrés mal accommodants. En cette fin d’après-midi du 24 décembre 1944, le vent s’immisce par la lucarne. Des coins de la pièce obscurcie par un ciel désormais noir, une odeur d’urine sature l’espace. » p.29

Ces treize chapitres évoquent des destins sensiblement différents. Les auteurs parlent de Resistance, de collaboration, d’alcoolisme, d’esclavage, de garde d’enfant…

À travers ces treize portraits, on voyage à travers le temps et les continents – on s’intéresse principalement au continent européen, qui fait l’objet d’une dizaine de portraits.

Ces treize chroniques forment ensemble un « roman noir » du football.

Chapitres

1938. Le but de la mort (Mathias Sindelar, Autriche)

1944. Occuper le terrain (Alexandre Villaplane, France)

1957. L’étoile fauchée (Eduard Streltsov, URSS)

1958. L’équipe fugitive (Rachid Mekhloufi, Algérie-France)

1966 et 2010. Au pays des entraîneurs disparus (Myung Rye-hyun et Kim Jong-hun, Corée du Nord)

1978. Opération Rosario (Ramon Quiroga, Argentine-Pérou)

1990. Des tribunes à la milice (Arkan, ex-Yougoslavie-Serbie)

1991. La règle du jeu (Jean-Pierre Bernès, France)

1996. Le capitaine fracassé (Tony Adams, Angleterre)

2005. Un matelas dans la cave (Godwin Okpara, Nigeria, Belgique, France)

2006. Un palefrenier dans le vestiaire (Luciano Moggi, Italie)

2009. Le gardien de but et son homme de main (Bruno Fernandes das Dores de Souza, Brésil)

2011. L’incendie de Grünwald (Breno Vinicius Rodrigues Borges, Brésil-Allemagne)

 

Avis

Tout d’abord, il faut savoir que j’aime beaucoup ce que font les éditions Anamosa. Je trouve leur rythme de publication très intelligent. De plus, leurs publications abordent des thèmes suffisamment variés pour toucher un grand nombre de personnes (mention spéciale à leur collection « Le mot est faible »).

Cela étant dit, que penser de Débordements – Sombres histoires de football (1938-2016) ? Dans un premier temps, force est de constater que c’est un ouvrage très bien écrit. L’extrait que vous avez pu lire un peu plus haut est assez représentatif de la qualité littéraire de l’ouvrage. Car oui, écrire sur le foot n’est pas synonyme de mauvaise qualité. C’est ici tout le contraire.

Dans un deuxième temps, on peut mettre l’accent sur la diversité des portraits que l’on peut trouver. Certains d’entre eux sont plutôt classiques, et leur histoire est connue de la majorité d’entre nous – je pense ici à Arkan, Rachid Mekhloufi ou Mathias Sindelar, qui fait l’objet d’une biographie romancée chez JC Lattès. Néanmoins, d’autres découvriront certainement les histoires tragiques de Godwin Okpara, de Breno Vinicius Rodrigues Borges ou de Ramon Quiroga. Je n’en dis pas plus volontairement, afin de ne pas « gâcher » la découverte…

Avec des chapitres relativement courts – le plus long faisant 30 pages -, on ne s’ennuie pas un seul instant. Surtout, ces chapitres nous en apprennent assez sur la personne pour que l’on sache ce qu’ils ont pu traverser, mais également que cela nous donne envie d’en apprendre plus. Un équilibre qui n’est pas toujours facile à atteindre.

En résumé, on a plusieurs courtes biographies de personnalités footballistiques rassemblées en un seul livre. L’ensemble est bien écrit et se lit facilement. Un très bon livre, que l’on recommande !

 

Débordements – Sombres histoires de football (1938-2016)

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10

Intérêt football

10.0/10

Style

10.0/10

Accessibilité

9.9/10

Pour

  • Extrêmement bien écrit
  • Des chapitres très courts, mais qui en disent long
  • Des portraits que l'on n'a pas l'habitude de voir

Contre

  • Un sujet très classique

Auteur

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