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ITW – Elias Toumi présente « Saga Africa »

Votre avis sur ce livre ?

À l’occasion de l’ouverture de la CAN 2022, nous avons eu la chance d’échanger avec Elias Toumi des Remplaçants qui ont réalisé un travail titanesque.

En effet, le média indépendant propose un magazine tous les trimestres et propose à tous les curieux LE guide de la CAN. Pour être incollable devant vos ami.e.s et profiter comme il se doit des rencontres qui seront diffusées en intégralité et en exclusivité sur beIN SPORTS, c’est le must have !

Durant cet échange tous les thèmes sont abordés : de la conception du guide, à l’actualité mouvementée qui a précédé la compétition jusqu’à l’organisation et les maux du foot africain.

Bonne lecture et si vous souhaitez vous procurer le guide c’est là que ça se passe : https://www.lesremplacants.com/boutique/

 

Peux-tu présenter ton média et les personnes qui ont participé à la rédaction de guide ?

Le média, https://www.lesremplacants.com/, est un projet créé en 2012 sous la forme de blog à l’origine par 2 personnes en parallèle de nos études, Cyril Morachioli et moi-même. Six mois après le lancement, nous avons fait évoluer le projet en véritable site internet.

Cela a très bien fonctionné en termes de visites et de visibilité jusqu’à 2014 avec en point d’orgue la Coupe du Monde au Brésil. Faisant tourner le site qu’à 4 mains, le rythme de publication a réduit de manière importante et les productions étaient plus intemporelles.

Entre temps mon binôme s’est mis en rentrait du fait des parcours de vie de chacun avec des obligations professionnelles et personnelles, la disponibilité pour contribuer au site s’est érodée. Une autre personne l’a remplacé, mais il gravite toujours autour du projet.

À un moment donné je me suis questionné sur la suite à donner au projet et la question d’une fermeture s’est clairement posée à l’instar de beaucoup de médias indépendants.

Mais l’attachement au projet, conjugué à des infrastructures déjà en place avec un domaine déposé, le soutien d’une communauté, et notre envie d’écrire nous ont convaincus de continuer l’aventure.

Notre crédo était de rester sur notre niche intemporelle et ne pas faire de l’« actu », car nous n’avions pas la force de frappe pour réaliser des productions qui matchaient avec la temporalité requise, d’où l’idée de lancer du magazine.

Le premier numéro était déjà un SAGA AFRICA en 2019, support de 28 pages que j’ai réalisées tout seul et qui est sorti en digital. À titre perso je me le suis édité et les personnes autour de moi au hors et au bureau ont vu résultat, m’ont fait de bons retours et m’ont encouragé à poursuivre sur ce format.

Dès lors en fin 2019, nous avons lancé le premier numéro de « subsitute ». Aujourd’hui nous sommes au 8e numéro et le 9e sortira sur janvier dans la foulée du Hors-Série pour la CAN 2022. Le rythme de publication trimestriel concorde parfaitement avec nos problèmes de régularité d’écriture. Les premiers numéros étaient mis à disposition gratuitement sur le site, mais un nombre important de lecteurs nous ont demandé de pouvoir l’avoir en physique. Les seules premières éditions papiers étaient destinées aux intervenants.

Fin 2020, j’ai franchi le pas après m’être donné quelques nœuds au cerveau pour trouver le juste prix et les quantités adaptées pour ne pas se mettre en difficulté. Concrètement sur un numéro vendu à 7€ nous dégageons 55 centimes de bénéfices qui seront immédiatement réinvestis dans l’impression des prochains numéros.

 

Niveau ventes êtes-vous satisfaits par les chiffres réalisés ? Des thèmes marchent mieux que d’autres ? Si moi demain je veux reprendre la série, je ne serai pas en décalage ?

On reste sur de l’intemporel avec des numéros généraux. À titre d’exemple le premier numéro qui s’appelait « Quoi de neuf ?» était axé sur les avants-centres, tu vas avoir un petit peu delta, mais 80% du numéro n’aura pas changé.

Le premier numéro mis en vente (le n°5) a super bien marché. La première fournée de 50 exemplaires est partie en 2 jours. La seconde, toujours de 50 exemplaires, est partie en une après-midi ! J’en ai relancé 50 du coup et il doit m’en rester 3, mais j’ai dû le mettre en rupture de stock, car les derniers exemplaires étaient destinés à l’archivage.

À contrario le n°6, sur lequel nous avons fait un petit peu moins de pubs, lui s’est vendu à une quarantaine d’exemplaires.

Nous n’avons pas une pression sur les ventes le but premier étant de prendre du plaisir et d’être du produit proposé à nos lecteurs tous les 3 mois.

 

Du coup vous êtes combien à participer à la rédaction de ces magazines ?

Je fais 90% du travail en propre : de la rédaction (entre 3 et 5 papiers par magazine), à la conception graphique, à la mise en forme, l’illustration et la commercialisation (de la communication jusqu’au service livraison du produit).

Nourredine Regaieg m’accompagne et qui est journaliste, va me prêter main forte sur la relecture et en fonction de son temps libre rédiger 2 à 3 papiers par magazines.

On a également la personne qui gravite autour du projet dont je t’ai parlé tout à l’heure qui en fonction du thème va prendre la plume. Il a rédigé 2 papiers sur l’ensemble des magazines dont un dossier sur toute l’histoire de PES qui a super bien marché.

Quand tu dois au global rédiger un magazine de 60 pages tous les trimestres tu es obligé de passer par la case contributeurs pour atteindre ton objectif. Mais ils interviennent dans le cadre de chronique. A titre d’exemples, on peut citer :

  • Les Libéros le podcast ont leur rubrique foot memories et parlent avec nostalgie de trois éléments de leur choix (joueurs, équipes, maillots…).
  • Adrien qui gère les comptes twitter @Scipionista et le podcast Formation FC qui une rubrique « Je pense à… » et il me donne un joueur.
  • Mycki (@Mycki_Boy) qui a sa rubrique scouting.
  • J’ai eu également Kevin Vessières du compte @FCGeopolitics qui fait une rubrique éponyme quand son agenda le permet.

C’est un partenariat win-win dans lequel ces personnes ont la possibilité de produire un contenu magazine et nous d’enrichir notre numéro avec des acteurs reconnus. Cela me permet donc de plus me consacrer à la rédaction et aux autres tâches inhérentes la livraison du numéro.

Après je pense avoir trouvé la bonne formule avec ces contributeurs, car ça fonctionne bien et je n’ai pas envie d’ouvrir trop les contributeurs, car il ne faut pas éluder un élément primordial pour que ça tourne : l’affinité. Sans ce lien tu peux tomber dans des travers de relances pour les papiers. Après on est sollicité et on répond à la positive en fonction de la sensibilité. À moyen terme on va ouvrir tout de même la rédaction, car ça va me permettre d’optimiser davantage mon temps en me concentrant toujours sur les autres tâches chronophages citées avant.

 

Faisons un focus pour le Hors-Série Saga Africa pour la CAN 2022 au Cameroun, la rédaction s’est passée sur le même mode que pour les autres magazines ?

Généralement avant chaque compétition internationale, je regarde toutes les listes des équipes et crée un fichier Excel qui recense tous joueurs sélectionnés où tu vas retrouver 10 à 12 informations par joueurs. Uniquement des données brutes sans jugement de valeur (état civil, club actuel, club formateur, etc.). Ces données sont mises en ligne dans la rubrique Datas de notre site.

Cette rubrique avait très bien marché pour la CAN 2019, il y avait des chiffres qui interpelaient comme à titre d’exemple : environ 1 joueur sur 5 qui allaient participer à cette édition était né en France !

Le premier numéro papier était le Hors-Série pour cette compétition, du coup pour marquer le coup j’ai voulu renouveler l’expérience pour celle qui arrive. Après réflexion je me suis dit le top serait de faire un guide, car dans les médias français il n’y en a tout simplement pas ! L’objectif était de présenter par sélection : joueur par joueur et leurs profils. Quand tu fais le tour, tu te dis que les grosses sélections tu peux les faire en propre, mais pour des équipes comme la Guinée Équatoriale, le Soudan ou encore le Malawi je ne peux pas le faire. Par conséquent, entre mai et juin 2021, j’ai contacté une personne par sélection qui me fera une liste de 23 et réalisera un petit texte qui présentera l’équipe nationale et chaque joueur.

Je suis partie d’une feuille blanche avec aucun contact alors je ne t’explique pas la difficulté pour trouver une personne pour présenter le Malawi sans disrespect aucun.

J’ai alors commencé par les francophones, après avoir réalisé une maquette de la double page consacrée à chaque sélection pour avoir une idée du rendu. C’était une base pour les premiers échanges et j’arrive à avoir Mansour Loum pour le Sénégal qui accepte, Hanif BEN BERKANE pour le Maroc, Amayes BRAHMI pour l’Algérie, Sofiane EZZI et Ibrahim FRDJ pour la Tunisie et ça fait effet domino et à la fin de l’été j’étais sûr que j’allais aller au bout de l’aventure. Car c’est un produit rare, tu n’as pas de support qui t’offre ça.

 

Ce vide est assez révélateur du traitement de cette compétition par les médias et comment le monde du football considère le football africain. Malheureusement c’est un peu le parent pauvre du foot mondial…

Clairement on va parler de la CAN de manière générale et s’attarder sur les grosses nations et tu ne vas rien apprendre de particulier, car  le traitement est trop générique. Je voulais que si tu parles d’une équipe connue on s’attarde sur ces adversaires. Par exemple, si tu es supporter de l’Algérie et que tu sais que Les Verts vont affronter la Sierra Leone, notre magazine va te permettre de découvrir les joueurs des Leone Stars et peut-être découvrir le nouveau Mohamed Kallon.

Comme je savais que ça allait représenter un énorme travail, je savais que je ne pourrais pas illustrer le guide. Par conséquent, je me suis mis à la recherche de graphistes, mais travaillant dans ce domaine je savais que les démarcher en n’offrant que de la visibilité ça allait être plus que compliqué.

Je ne pouvais que miser sur la sensibilité de la personne et ma solution de replis était de m’y atteler. J’ai alors contacté @FootyComics avec mon cahier des charges sous le bras et après un petit temps de réflexion ils ont accepté la proposition et là c’était banco, car une énorme partie du travail était sécurisé. Sachant que ce numéro est réalisé en parallèle des autres numéros…

 

Du coup des journées elles ne durent pas 24h ce n’est pas possible ! Entre ta vie pro, ta vie perso, les autres magazines, ce guide qui prend énormément de temps ?!

Sachant qu’à côté je joue au foot et j’entraine des petits…

 

Nan, mais sérieux elle dure 50 heures ta journée ?

C’est n’importe quoi, surtout en ce moment (rires). J’ai pour optique la sortie du guide et disparaître pendant 2 semaines (rires).

Après j’ai l’habitude de faire des grosses journées, mais là c’est particulièrement grand et gros.

 

Revenons maintenant à la conception de ce Hors-Série, quelles ont été les grosses difficultés que tu as rencontrées, hormis la recherche de contributeurs pour des pays moins exposés ?

C’était quand même la difficulté la plus importante ! Leur dire que c’était bénévole c’était compliqué. Je ne pouvais leur offrir que l’opportunité de mettre en avant leurs connaissances et leur pays par la même occasion.

Mes plus grosses difficultés concernaient deux pays et en particulier le Soudan.

La situation politique était très compliquée, le contributeur n’a plus donné signe de vie pendant trois mois et quand il est revenu il m’a informé que le football n’était plus trop sa priorité avec tous les évènements qui secouaient son pays. Les retours étaient parcimonieux sur 10 messages j’avais 1 réponse.

Les autres grosses difficultés étaient de trouver des informations sur certains joueurs. Autant sur les grosses nations, ça va, mais pour le Soudan, le sélectionneur Hubert Vélude a été démis de ses fonctions. Déjà les joueurs de base qui étaient sélectionnés n’étaient pas des noms connus alors avec les tensions politiques qui ont également touché la fédération, les dirigeants ont fait table rase de toutes les qualifications CAN, Coupe du Monde et Coupe Arabe pour sélectionner d’autres joueurs sans aucune cape. Va trouver après son orthographe, son poste, son club je t’en passe et des meilleurs.

La coordination d’une vingtaine de contributeurs et quand t’es tout seul c’est un peu sport. Faire respecter le planning, jongler entre les différentes langues, il faut faire preuve d’une très grosse organisation. Et tu en avais certains qui préféraient attendre la liste officielle avant de transmettre leurs productions…Le problème c’est que mon template je l’ai imaginé pour 23 joueurs, maintenant ils t’annoncent qu’ils sont 28, peut-être 30. Du coup j’ai gardé le cap je leur ai dit que je restais sur 23 noms tant pis, endossez le costume de sélectionneur.

Ils avaient peur également qu’il y ait des erreurs. À mon sens ce n’était pas grave, dans le sens où si tu peux avoir 18 à 20 bons joueurs c’est déjà très bien on ne va pas décrédibiliser ton travail pour des erreurs epsilonesques.

La dernière difficulté et non des moindres a été le déplacement de la date du bouclage qui a été sans cesse modifiée au grès des productions que je recevais (ou pas) et des changements de dernières minutes sur quelques joueurs (je pense à Mouez Hassen pour la Tunisie par exemple). Donc ça donne une sortie officielle du guide décalée de 2/3 jours par rapport à la date limite que j’avais fixée. Mais les acheteurs que j’ai contactés jusqu’à présent pour les en informer, sont tous compréhensifs !

Au final j’ai plus été surpris par l’accessibilité, par la gentillesse, la bienveillance des gens que par les barrières et les obstacles.

Les premiers retours sont plus que positifs. On a pas mal de journalistes qui préparent la CAN (beIN SPORTS, Canal+ Afrique, BBC, L’Équipe notamment) qui ont passé commande et nous ont félicités. Ça c’est vraiment cool.

 

Quelle a été ta réaction face aux différentes rumeurs de report ou au mieux d’une délocalisation au Qatar ?

Au début je me suis dit de toute façon c’est lancé je vais au bout quoi qu’il arrive. La localisation in fine ce n’est pas un non-sujet du moment que la compétition peut avoir lieu.

Puis à force d’échanger avec des personnes du football africain j’ai posé la question naïvement sur le report et j’ai eu une même réponse alors qu’il n’y avait aucun lien entre les différentes personnes : « No Way ça aura lieu ! Ce sont des tentatives de déstabilisations, c’est comme ça en Afrique ».

Je me suis fait une raison et j’ai fait confiance à ces experts locaux et j’ai fait abstraction des remous médiatiques en France.

Les seules perturbations qui m’ont impactées sont les changements de sélectionneurs de dernières minutes. Par exemple, le Nigéria avec Gernot Rhor, j’avais toute la sélection de bouclée et il fallait tout changer. Idem au Soudan avec Vélude, en Guinée également avec l’arrivée de Kaba Diawara. En Mauritanie c’est Corentin Martins que prend la porte…

 

Le football Africain est le seul qui se fait autant bousculer par les clubs européens qui se montrent très loquaces à son égard, mais moins pour les sud-américains qui font des milliers de kilomètres pendant les trêves internationales. Pourquoi c’est le seul football qui n’arrive pas à se faire respecter ?

En plus de la partie purement guide, on a rédigé d’autres papiers et on a eu la chance d’avoir Smaïl Bouhabdellah en Interview, et mon collègue Nourredine lui a posé cette question et la réponse est limpide : « pour être respecté il doit être respectable » !

Tu entends des voix s’élever pour revendiquer plus de respect, mais juste avant la compétition tu remplaces 4 sélectionneurs, t’as le Soudan qui change complètement de philosophie de par la crise politique, tu te rends compte qu’il y a très peu de stabilité dans les effectifs. Quand tu y prêtes attention, peu de joueurs ont dépassé les 40-50 sélections. Et on ne revient pas sur les problèmes chroniques de primes et de grèves. Le problème de la corruption, sans qu’il soit une exclusivité africaine, est bel et bien présent malheureusement. Le football local est très peu développé d’où la position assez soumise envers les binationaux. Tu as des joueurs qui vont s’investir pendant 2 ans pour se qualifier à la CAN et une fois que tu as atteint le Graal tu as 5-6 joueurs, qui n’ont jamais mis les pieds dans le pays qui arrivent jouent la compétition.

Si tu fais cette part de travail en te montrant solide, carré et justement respectable, tu seras sûrement un peu plus pris au sérieux par des institutions ou des clubs qui rencontrent également ces problèmes, mais sont moins exposés. Je ne dis pas qu’ils n’existent pas ailleurs, mais on ne les voit pas du coup tu ne peux pas appuyer sur ces faiblesses. L’idéal serait qu’il y ait une homogénéité des bonnes pratiques entre les pays, mais c’est malheureusement un vœu pieux. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord entre 2 clubs dans un même pays, comment veux-tu avoir une cohésion à l’échelle du continent.

Je pense également que ce manque de considération est un héritage historique qui ne touche pas que le sport, ça doit être pareil en politique, en médecine et dans plein d’autres domaines : tu as plein de personnes de bonne composition, mais qui sont éclipsées par d’autres qui font n’importe quoi.

 

Pour rebondir sur les binationaux, en France tu as eu beaucoup de joueurs qui ont décidé de se mettre en retrait de leurs sélections et privilégier leurs clubs. On note une sorte de schizophrénie des dirigeants qui vont d’une part chercher à valoriser leurs actifs qui ont un statut d’international et d’autre part ne pas hésiter à mettre la pression pour retenir leurs joueurs pour ne pas participer à la CAN. Quel est ton point de vue sur cet épineux sujet ?

Dans le guide Nicolas Raspe aborde le sujet avec un titre évocateur : l’Afrique par défaut. Comme son nom l’indique, il met en avant les choix plus par défaut que par attachement à leurs origines. Dans la sélection mauritanienne, tu as même 3 joueurs tri-nationaux : franco-sénégalo-mauritanien. Les portes des sélections françaises et sénégalaises étant fermées pour eux, ils se sont rabattus sur la Mauritanie.

L’interprétation est variable in fine : pour le joueur ça peut être une belle histoire et un honneur pour le pays, car ça ramène du professionnalisme sur certains points. Mais d’un autre côté tu peux avoir une autre lecture où tu as l’impression que la fédération « se vend » pour 3 matchs.

On en revient à la stabilité que j’évoquais tout à l’heure. Tu as l’impression que les sélections africaines sont gérées comme des clubs.

Après tu peux comprendre certains joueurs en toute objectivité : pourquoi tu délaisserais ton employeur qui te met à disposition des installations et une rigueur vraiment digne du monde professionnel au détriment de la désorganisation que l’on peut trouver dans plusieurs sélections ?

En résumé, c’est compliqué je trouve de critiquer un footballeur professionnel quand on ne connait pas l’envers du décor.  Je suis certain également que si on était à leur place on agirait sûrement comme eux et on serait taxé par les personnes « lambda » de ne pas respecter le pays et le continent.

Après des cas comme ceux des Lensois et encore plus de Delort sont moins compréhensibles de mon point de vue. Surtout celui du Niçois qui choisit clairement ses compétitions à croire qu’on est en amateur et que certains joueurs choisissent leurs matchs.

À contrario tu as des joueurs qui le font vraiment par attachement malgré les carences criantes de moyens de leurs fédérations. Kassim Abdallah est le parfait exemple qui disait dans une interview que s’il s’était arrêté aux difficultés rencontrées lors de ses premières sélections il ne serait jamais revenu. Au final, il s’est accroché et a réussi à écrire l’une des plus belles pages du football comorien.

 

On va s’attarder maintenant sur la compétition, avec tous les papiers que tu as pu voir passer pour la création de votre guide, pour toi quels sont les 4 favoris cette CAN 2022 ?

Après j’ai un problème, car quand je reçois le texte des rédacteurs, je suis hypé après chaque sélection, ma perception est troublée. Je vois le Nigéria comme une grosse équipe alors qu’on n’en entend pas parler.

Mais s’il faut se lancer, je dirai que le Sénégal et l’Algérie se détachent clairement vu leurs effectifs monstrueux. Ces deux sélections peuvent même faire des beaux parcours en Coupe du Monde si tous les voyants sont au vert.

Je rajouterai la Tunisie par choix du cœur et je ne vais pas te rajouter un favori, mais une équipe à suivre c’est les Comores. Connaissant certains joueurs tu sens qu’ils sont fédérés pour faire un truc et je pense qu’ils peuvent le faire.

 

Tu as un peu devancé mes deux sous-questions. On a donc les favoris, la surprise maintenant. Quelles seront les déceptions pour toi ?

Franchement c’est compliqué. J’ai envie de te répondre également le Nigéria et la Côte d’Ivoire. Les effectifs sont pas mal, mais comme on n’en entend pas parler ça ne décevrait que moi (rires).

Mais sinon je dirais le Cameroun, car pour les supporters et appuyer par les propos du sélectionneur a l’objectif et simple et clair : c’est la finale ou rien ! Avec la pression populaire et tout ce qui se passe autour de la sélection, ils peuvent faire n’importe quoi.

 

Maintenant au niveau des joueurs, quels sont ceux qui vont confirmer leurs statuts et ceux qui vont se révéler pendant cette compétition ?

On va revenir au contenu du guide où Mycki (@Mycki_Boy) a identifié 12 étoiles africaines qui vont soit se révéler à cette CAN soit dans les mois qui viennent. On peut citer par exemple Zorgane (Algérie), Sulemana (Ghana), Pape Matar Sarr (Sénégal) et Mejbri (Tunisie).

Ma short-list serait plus disruptive (rires) : Karime Konaté (Côte d’Ivoire), Ebrima Darbore (Gambie), Abdoul Tapsoba (Burkina Faso), Faiz Selemani (Comores) et Charles Petro (Malawi).

Dans les joueurs confirmés, je vois bien les algériens le faire. À part l’Égypte qui a enchainé à une époque, tu as rarement de continuité dans le bon et là ils le font depuis leur sacre à la dernière édition, ils enchainent.

 

Pour clôturer notre entretien, quels sont tes 3 conseils lectures pour les personnes qui vont lire notre entretien ?

Le premier : Magique système forcément, gros travail d’enquête.

Le deuxième : Ce pays qui n’aime pas le foot de Joachim Barbier. Le titre est très explicite.

Le dernier, c’est aussi le cœur qui parle, c’est la biographie de Djibril Cissé.

 

Propos recueillis par @RafikFik1

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